Ma robe, une belle histoire entre Elle et moi !

Court billet d’humeur… humeur plutôt joyeuse et candide, cela fait du bien ! La robe pour un avocat, tout un symbole

Je me souviens de la première fois…cette toute première fois, mon premier contact avec ce bout de tissu que j’avais dû acquérir presque à contre cœur tant son coût était exorbitant pour le « fraichement diplômé » que j’étais, pas beaucoup de sous en poche, et devant bourse délier avant même de commencer à gagner ma vie d’avocat ; sans compter cette plaque en laiton sur lequel était gravé mon nom et ma qualité, fier que j’étais de la faire placer aux côtés des plaques professionnelles des regrettés Jean et Jacques REVEL, mes Maîtres, qui m’ont accueilli au sein de leur cabinet, et à qui je dois tant.

Pourtant, ce « bout de tissu » allait très vite revêtir une importance symbolique et intime dont je ne réalisais absolument pas l’ampleur lors de son achat, pensant qu’il s’agissait là d’un habit superflu et totalement dépassé…

Depuis, 17 ans se sont écoulés, déjà 17 ans…

Il est facile d’être en fusion totale avec sa robe à condition de comprendre tous ses symboles et c’est en la portant encore et encore, que l’on commence à réaliser l’utilité de celle-ci.

Habit de lumière pour certains mais également rempart contre les excès, car revêtu de celle-ci et je parle pour moi, une sorte de force et de sagesse (du moins je crois…) s’installent et l’envie de donner des claques à certains (je ne vise absolument aucun confrères, ni magistrats, et encore moins des justiciables… 😉 ) diminue grandement et empêche en tout cas tout passage à l’acte qui serait nécessairement regrettable 😉

Je dis cela en ayant en mémoire une scène pour le moins cocasse, il y a quelques jours de cela un confrère de la région parisienne souhaitait me disait-il, me provoquer en duel (oui vous avez bien lu…) ; amusant, troublant, énervant et puis… sourire, sagesse… ma robe, notre robe, oui une histoire intime, mélangée de sueur, de peur, de succès, d’incompréhensions, de défaites imparables, de moments magiques, de rires, de pleurs, et oui de pleurs…parfois rapiécée, délabrée pour certaines, doublée et sentant le luxe pour d’autres… décorée également c’est le cas de la mienne et j’en suis fier.

Bref, vous l’aurez compris, ma robe et moi, une longue histoire, en espérant ne pas la perdre, ne pas me la faire voler (touche pas à ma robe !) ; elle a un peu vieilli, elle a beaucoup servi, elle servira encore et en corps, je lui suis fidèle et il ne me viendrait pas à l’esprit de la laisser au bureau, l’oubliant en partant au Palais. C’est un réflexe, à chaque fois que je dois plaider, je la touche, je la roule, bref je la prends ; il m’arrive d’être dur avec elle mais je la gratifie d’un bain complet chaque année, je fais attention à son rabat que je nettoie et change régulièrement ; parfois elle perds quelques poils au niveau de l’hermine mais elle se refuse à l’épilation totale, pas son genre ! 😉

Elle tient bon, souvent contre vents et marée… à cœur vaillant rien d’impossible… c’est ma robe, tout simplement…

9 Commentaires

  • Trackback: Nous avons toujours à apprendre des « anciens » ! | Changeur-Avocat

  • Posté par 2 Décembre 2014

    Stéphane

    Très beau message d’amour du métier

  • Posté par 4 Décembre 2014

    Anne-Cécile

    Merci pour ce partage fait avec beaucoup d’humour sur cette relation si particulière qui s’est instaurée depuis ces années entre Elle et vous. J’ai découvert votre page, je découvre votre blog et j’espère réussir à trouver du temps pour parcourir vos écrits et vos positions, même si je ne les partage pas forcément.
    Bonne plume :-)

  • Posté par 11 Décembre 2014

    Marie Helene

    félicitation, hâte de découvrir le livre.
    Ces quelques lignes sont riche en expérience, un peu sourire en lisant ses lignes.

  • Posté par 16 Décembre 2014

    Rodolphe MARTIN

    J’adore le style de l’écriture…
    Bravo et merci maître pour cette transmission de l’amour de la robe et du métier.

  • Posté par 3 Mai 2015

    Sonia SANZALONE

    merci Jean François pour ce morceau choisi : tellement exact, la robe est aussi un rempart contre la bêtise, du moins pour ceux qui y croient. Elle fait de nous un auxiliaire, ni femme, ni homme, mais auxiliaire au service des justes causes.
    Par contre, à Paris, les robes ont été épilées… mais elles gardent toute leur force.
    Et non, ce n’est pas par snobisme que je montre cette épilation en province et ailleurs, mais parce que ma robe, elle le vaut bien… elle et moi, c’est un tout, je n’en souhaite pas d’autre.

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